Faubourg (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XIII e siècle, forborc, forsborc, forbours. Composé de fors et de bourg. Refait au XV e siècle ( faulx bors ), par croisement avec faux, parce que le semblait s'opposer au « vrai bourg ».
1. Anciennt. Partie d'une ville située au-delà de la muraille d'enceinte.
2. Nom conservé, à Paris et dans certaines grandes villes, par des quartiers jadis situés hors de l'enceinte. Le Saint-Honoré, le Saint-Jacques, le Saint-Denis, à Paris. Les artisans du Saint-Antoine ou, parfois ellipt., du . Le noble (vieilli) ou, absolt., le Faubourg, le Saint-Germain, à Paris, qui abritait de nombreux hôtels de l'aristocratie. Affecter le ton, les manières du Faubourg. Au pluriel. Les s, les quartiers populaires éloignés du centre de la ville. La langue, l'argot des s. Par méton. La population de ces quartiers. À cette nouvelle, les s se soulevèrent. Ses cris ameutèrent tout le .
3. Auj. Le plus souvent au pluriel. Quartier qui s'est développé à la périphérie d'un centre urbain. Faubourgs industriels. Les s de Lille, de Rouen, de Marseille.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

(On ne prononce pas le G.) La partie d'une ville qui est au-delà de ses portes et de son enceinte. "La ville et les s."
Il se dit aussi des Quartiers d'une ville qui n'étaient anciennement que des s. "Le Saint-Germain, le Saint- Antoine, à Paris."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Quartier d'une ville situé en dehors de son enceinte.
VOIT.: « Tout est en feu jusque sur les bords de la rivière d'Oise ; nous pouvons voir de nos s la fumée des villages qu'ils [les ennemis] nous brûlent »
    La ville et les s, tout le monde.
DESTOUCHES: « J'aurai pour confidents la ville et les s »
    Assembler la ville et les s, exciter un grand concours de monde.
    Fig. Le dehors.
SAINT-SIMON: « Il [Lassay] n'y fut [à la cour] jamais que des s »

 2   Dans certaines grandes villes, quartier qui primitivement était un des s. À Paris, le Saint-Antoine, le Saint-Germain.
VOLT.: « Il entra [à Paris] par le Saint-Marceau et crut être dans le plus vilain village de la Westphalie »
VOLT.: « Ces s aujourd'hui si pompeux et si grands, Que la main de la paix tient ouverts en tous temps, D'une immense cité superbes avenues, Où nos palais dorés se perdent dans les nues, Étaient de longs hameaux de remparts entourés, Par un fossé profond de Paris séparés »
    Autrefois à Paris, quand on disait le , cela voulait dire le Saint-Germain. Aujourd'hui le Saint-Germain se nomme quelquefois le noble , parce que beaucoup de familles appartenant à la noblesse y ont des hôtels.
    Dans Mme de Sévigné, le est ordinairement le Saint-Jacques, où se retiraient les gens dans la dévotion, les jansénistes, etc.

 3   La population des s de Paris. Soulever les s.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     Liv. des mét. 2: À toz ceus qui justice et juridiction ont dedens la ville et dedens les forbourgs de Paris
     Bibl. des chartes, 2e série, t. III, p. 425: Il revint en fourbourc d'Isle [à Laon]
    XIVème siècle
DU CANGE: « Que les maisons des horsborcs soient abatues »
    XVème siècle
FROISS.: « Les Anglois vinrent loger ès s de Rennes »
CH. D'ORL.: « Prenez les champs ou les faulbourgs [choisissez, décidez] »
    XVIème siècle
MONT.: « Pendant que nous n'en sommes qu'aux s [de la vieillesse] »
LANOUE: « Le feu s'avance peu à peu, et a desjà consumé les fauxbourgs de la chrestienté »
AMYOT: « Les Fidenates coururent et fourragerent les premiers son païs jusques aux faulxbourgs de Rome »
PASQUIER: « Faubourgs sont toutes les maisons hors l'enceinte de la ville »
PASQUIER: « Il se vint heurter contre la ville, presque aux fauxbourgs de l'hiver [à l'entrée de l'hiver] »
COTGRAVE: « Jardin aux fauxbourgs vault cent sols au rebours »

ÉTYMOLOGIE
    Picard, forbou, forbourg ; bourguig. faubor ; wallon, fâborg ; bas-lat. foris burgum ; de foris, hors, et burgus, bourg. Cette étymologie est certaine pour toutes les formes où l'r se trouve : forborc, horsborc, forbou, etc. Mais faut-il aussi y rattacher fauxbourg, , fâborg ? Si on considère ces textes, on voit que fauxbourg est relativement récent ; et dans le bas-latin même, du Cange ne cite falsus burgus que dans une pièce de 1380 ; sans doute on peut concevoir que des fors-bourgs aient été aussi appelés des faux bourgs, des bourgs faux ; cependant, tant qu'on n'aura pas apporté des textes anciens qui donnent faux bourgs, il vaudra mieux croire que est une altération de forbourg, prononcé fôbourg (le parler vulgaire ayant quelquefois supprimé l'r), puis finalement pris pour faux bourg.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE FAUBOURG. Ajoutez :

 3   Fig. Préliminaire, préparation.
MALH.: « Ceux qui ne sont pas encore arrivés à la sagesse, mais sont logés aux s »


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


La partie d'une ville qui est au delà de ses portes et de son enceinte. "Un long . On a enfermé les s dans la ville. Il a livré la ville et les s."
Il se dit, abusivement, Des quartiers d'une ville qui n'étaient anciennement que des s. "Le Saint-Germain, le Saint-Antoine, à Paris."
Prov. et fig., "On y voit la ville et les s," se dit en parlant D'un lieu où il y a un grand concours de monde. On dit de même, "Assembler la ville et les s."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


La partie d'une Ville qui est au-delà de ses portes et de son enceinte. "On a enfermé les s dans la Ville. Il a livré la Ville et les s."
On dit proverbialem. d'Une grande multitude, d'un grand concours de monde, qu'"On y voit la Ville et les s. Il avoit assemblé la Ville et les faubourgs."



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



La partie d'une ville qui est au-delà de ses portes & de son enceinte, ou les bâtimens qui sont sur les avenues de la ville. "On a enfermé les s dans la ville. Il a livré la ville & les s."
On dit proverbialement d'Une grande multitude, d'un grand concours de monde, qu'"On y voit la ville & les s. Il avoit assemblé la ville & les s."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

["Fo-bour"; 1re dout. C'est ainsi qu'écrivait "Ménage", et qu'écrivent aujourd'hui l'"Ac." le "Rich. Port." et quelques Auteurs, comme M. "Moreau" et aûtres. Le grand nombre tient bon pour "faux-bourg" avec le "Dict. de Trév."] Maisons hors de l'enceinte d'une Ville. 'On a enfermé "les fauxbourgs" dans la ville. 'La ville de Paris est moins considérable que "ses faux-bourgs". = On dit, "proverbialement", en parlant d'un grand concours de monde: 'On y voyait "la ville et les fauxbourgs":
- Et de ceux qui aprochent de quelque chôse, mais qui ne sont pas dedans, qu'ils "sont dans les fauxbourgs".




Emplacement dans le dictionnaire :

fatigant
fatigue
fatigué
fatiguer
fatras
fatrasser
fatuité
fatum
fauberter

faucarder
fauché
fauche
faucher
faucheur
faucheur ou faucheux
faucille
fauciller
faucon
fauder
faufiler




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Georges RODENBACH (Le Règne du silence)

...les bons naguères parmi la maison familiale et son enfance et l'âme en ce temps liliale et la tiède chaleur de lampe et de charbons. Les dimanches : tant de tristesses ! Tant de cloches vers le faubourg où la lenteur des pas conduit... une lanterne en ce commencement de nuit s'éclaire doucement comme un oeil qui reproche. L'horizon noir ressemble à des linceuls cousus... puis voici qu'un second...


Citation n°2 de Georges RODENBACH (Le Règne du silence)

...chagrin encor de s'être remembré le printemps vert que le vent dissémine, le vent qui pleure, au loin, comme un tambour battant l'appel des anciennes années... et l'on se sent, dans l'exil du faubourg, les yeux aussi pleins de choses fanées. Et, bien qu'en la jeunesse encore-on croit que son printemps a presque un air d'automne, avec l'ennui d'un jet d'eau monotone dont la chanson, comme un...


Citation n°3 de Georges RODENBACH (Le Règne du silence)

...en molles vapeurs bleues, va dans l'abandon noir des quartiers finissants, va donc, ô toi dont l'âme est la soeur des banlieues, toi dont l'âme est morose et souffre au moindre bruit, à travers le faubourg, comme au hasard construit, le faubourg où la ville agonise et s'achève dans du brouillard, dans de l'eau morte et dans du rêve... et vois ! Tout au lointain parmi des fonds aigris s'allumer...


Citation n°4 de Georges RODENBACH (Le Règne du silence)

...noir des quartiers finissants, va donc, ô toi dont l'âme est la soeur des banlieues, toi dont l'âme est morose et souffre au moindre bruit, à travers le faubourg, comme au hasard construit, le faubourg où la ville agonise et s'achève dans du brouillard, dans de l'eau morte et dans du rêve... et vois ! Tout au lointain parmi des fonds aigris s'allumer droitement la ligne des lanternes mettant leur...


Citation n°5 de Georges RODENBACH (Le Règne du silence)

...j'en ai su qui cheminaient sans bruit, des cloches pauvres, qui vivaient dans des tourelles sordides, et semblaient se lamenter entre elles de n'avoir de repos ni le jour ni la nuit. Des cloches de faubourg toussotantes, brisées ; des vieilles, eût-on dit, qui dans la fin du jour allaient se visiter de l'une à l'autre tour, chancelantes, dans leurs robes de bronze usées. XIX : les cygnes blancs, dans...


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